Sur la résilience…

La résilience

Définition Faculté à « rebondir », à vaincre des situations traumatiques. La résilience est la capacité pour un individu à faire face à une situation difficile ou génératrice de stress. En psychologie, le concept de résilience ou « l’art de naviguer entre les torrents », est introduit en France par Boris Cyrulnik.

les conseils de Boris Cyrulnik

Chacun de nous peut-il dépasser une terrible épreuve et se montrer résilient ? Éléments de réponse avec Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, psychanalyste et auteur de nombreux ouvrages consacrés à la résilience.

Sommes-nous tous capables de résilience ?

Boris Cyrulnik
Boris Cyrulnik

Boris Cyrulnik : La capacité de résilience est directement liée aux « attachements sécures » qui nous ont construits. L’attachement d’un bébé à sa mère peut durablement le protéger. Nous savons ainsi, dans notre mémoire et dans notre biologie, que nous pouvons nous défendre.

À l’inverse, l’isolement renforce la vulnérabilité aux traumatismes, tout comme il retarde la résilience. On se bat moins bien lorsqu’on est vulnérable. C’est pourquoi des formations à la résilience sont dispensées, notamment dans l’armée. Car un soldat qui se sent seul au combat présente davantage de risques de syndrome post traumatique que celui qui se sait soutenu par ses camarades.

 

Certains individus, certaines familles, semblent plus résilients que d’autres. Est-ce vraiment le cas ?

B. C. : Il existe des communautés, ou des familles, où la résilience se déclenche plus facilement. Dans un cas de viol, par exemple, si les proches plongent avec la victime, la reconstruction sera beaucoup plus difficile que si l’entourage apporte un soutien fort. La culture compte aussi : si le viol est considéré comme une souillure, amorcer un processus de résilience est impossible. Aux États-Unis, à l’inverse, les victimes de violence sont encouragées à militer, à donner du sens à ce qu’elles ont subi.

La résilience dépend aussi de la signification du choc par rapport à l’histoire personnelle de la victime, et aussi de sa forme. Les syndromes de traumatisme sont plus rares lorsque l’agresseur est perçu comme lointain, par exemple dans le cas d’un tsunami. On pardonne plus facilement à la nature.

 

Que peut-on faire pour aider un proche à surmonter une blessure profonde ?

B. C. : Être présent, l’entourer, offrir de la stabilité, proposer son aide et encourager la personne à se reconnecter à la réalité, sans forcer la parole. L’expression, quelle que soit la forme qu’elle prendra, vient ensuite, quand la victime se sent en sécurité. À aucun moment, il ne faut se montrer intrusif. Après le Bataclan, les soutiens ont été nombreux, les secours ont travaillé parfaitement. Cela a contribué à faciliter la résilience des victimes et de leurs proches.

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Voici donc un exercice que nous pratiquons tous et cela de façon mondialisée :

Les vœux pour la nouvelle année, d’où vient cette tradition ?

En Mésopotamie à la cour babylonienne, il semble que l’on fêtait déjà la fameuse nouvelle année. Sans entrer dans les détails, nous pouvons comprendre qu’à travers le temps et l’histoire des peuples, le calendrier n’était pas le même, l’homme devait depuis longtemps marquer « le temps », « les saisons »

Dans tous les cas, ils fêtaient le passage à un nouveau temps, une nouvelle période. Il était important, comme signe de porte-bonheur, de prendre de bonnes résolutions, de faire des vœux à soi-même devant les hommes, les dieux ou les Esprits. Volonté communautaire de chasser les mauvais esprits et de conjurer les sortilèges.

Les repas extraordinaires de l’époque romaine sont encore présents parmi nous, l’importance de la dégustation des huitres, qui étaient faits d’abondance et de prospérité.

De nos jours, en nous souhaitant la bonne année nous souhaitons le bonheur, la prospérité et l’amour… avec tout autant de sophistications et d’efforts qu’à l’époque antique, avec nos moyens modernes en prime :

  • Lumières, images laser scénographique sur l’Arc-de-Triomphe, feux d’artifices mondiaux, rivalité des capitales pour faire mieux encore que l’année précédente,
  • Cartes virtuelles et amusantes, vidéos où chacun peut se mettre en scène et que nous envoyons à certains de nos contacts et pas à d’autres…

Quand on y pense, tant d’énergie, oui mais pourquoi ?

Ce changement de date peut nous laisser fort indifférents, voire exprimer un humour noir autour de cet événement : « Nouvelle année, et alors ? ça change quoi ? Du commerce tout cela… de l’hypocrisie, ça ne sert à rien. »

Mais l’exercice envers et malgré tout peut trouver un sens : « le sens que l’on pourrait lui donner. »

Alors, je vous souhaite de la façon la plus fraternelle qu’il soit une belle et fructueuse année « de joie »,

Vœux de bonheur, oui à titre personnel, la psychanalyse n’étant pas très à l’aise avec le « bonheur : C’est quoi le bonheur ? » dit une célèbre chanson.

Mais élargissons au-delà de la psychanalyse.

André Comte Sponville, auteur connu, dit : « Le bonheur, c’est désirer ce que l’on a, ce qui est, c’est espérer moins et aimer plus. » 

De la joie donc, plus que désirer ceci ou cela dans le sens « avoir, posséder » de façon égocentrée. Pour Spinoza, de désirer par la raison.

 « Le désir est l’essence de l’homme » et que la joie signale son « passage d’une moindre à une plus grande perfection ». La joie comme augmentation « force d’exister. »

 André Comte-Sponville, qui n’a cessé de se référer à Spinoza la grande modernité du philosophe, n’est plus à démontrer. « Éloge lucide de la joie, comme conquête d’un meilleur rapport à soi-même et au monde, dès son premier ouvrage, le traité du désespoir et de la béatitude » (PUF),

« La raison demande à chaque homme de s’aimer soi-même, de chercher ce qui lui est utile véritablement, de désirer tout ce qui le conduit réellement à une perfection plus grande. »

Baruch Spinoza ; Éthique (1677)

Alors pour l’année 2018, que notre source puisse être la joie, joie lucide, qui allègera quelques maux du monde.

Belle année à vous tous.

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